Médias

Dimanche 10 mai 2009
Jacques Attali a toujours milité en faveur d'une licence globale. Ca ne date pas d'hier, ni d'avant hier. Ca date, c'est vrai, depuis l'apparition d'Internet. Jacques Attali l'a d'ailleurs écrit noir sur blanc, il y a plus d'un an, dans ses 300 propositions pour changer la France.



 Jacques Attali revient sur ce qu'il avait préconisé et signe cet article sur le site : http:www.slate.fr

...D'abord, qu'on me comprenne bien: en écrivant ce qui suit, je  souhaite aider les artistes et les producteurs qui les soutiennent à mieux maitriser les enjeux des nouvelles technologies, et à en tirer le meilleur, pour mieux  créer et  garantir leurs revenus.


Les changements techniques n'ont jamais été et ne sont pas les ennemis des artistes : ils ont permis d'inventer de nouvelles façons de créer (le piano, le violon, la photographie, le cinéma) et de nouvelles façons de faire connaitre leurs œuvres (le livre, l'imprimerie, le gramophone, la radio, la télévision, le cd, le dvd). A chaque fois, il fut dit par des experts que tout cela conduirait au désastre pour les artistes. A chaque fois, ils ont su en tirer le meilleur, pour créer autrement et se faire mieux connaitre.Il en va de même à propos d'internet. Et bien des contrevérités ont été proférées récemment sur ces questions.


Aussi, je propose de débattre séparément de dix propositions pour la musique, le cinéma, le livre, et autres activités artistiques qui méritent chacune une discussion calme et  approfondie :


1. La gratuité d'un service pour le consommateur n'entraine pas nécessairement  le non rémunération du producteur du service. La gratuité  pour le consommateur d'un service est l'expression de sa socialisation, pas de l'exploitation du travail de son  producteur. Le contribuable paie le professeur ou le policier, qui ne travaillent pas gratuitement; la publicité paie les gens qui travaillent à la radio ou à la télévision et qu'on écoute gratuitement. En particulier, le musicien ou le cinéaste est, à la radio ou à la télévision rémunéré par d'autres que ceux qui l'écoutent. Et les artistes n'ont pas à s'offusquer de ne pas être payés directement par ceux qui  trouvent de l'intérêt à leurs œuvres.


2. Le téléchargement gratuit n'est pas la même chose que la piraterie, car la musique, ou le cinéma  n'est pas un objet matériel. Si je vole un pain, celui à qui je le prends ne l'a plus. Si je télécharge de la musique ou du cinéma, je n'en prive personne. L'art obéit donc à d'autres lois économiques, depuis toujours. C'est l'objet des droits d'auteur, qui peuvent être payés par d'autres que le consommateur final.


3. Le téléchargement gratuit est, en soi, un facteur de développement de l'économie de la musique et du cinéma. Les gens qui téléchargent sont les mêmes qui achètent et qui vont au concert.  Comme c'est le cas, depuis un siècle, avec la radio. Une étude récente montre même que ceux qui téléchargent, regardent ou écoutent le plus en streaming sont ceux qui, ensuite, achètent le plus de CD ou de DVD.


4. Le système de  surveillance et de sanction de ceux qui téléchargent gratuitement, comme celui de la loi Hadopi ne marchera pas,  en raison, en particulier, du basculement au streaming, qui n'est pas couvert par la loi.


5. Pour les artistes, l'important n'est pas de savoir qui les télécharge, mais combien de personnes les téléchargent. Il faut donc inverser la charge de la preuve et obtenir des fournisseurs d'accès une information sur le nombre d'internautes qui téléchargent un artiste et non pas sur le nombre d'artistes téléchargés par un internaute. C'est possible: voir en particulier ce que fait BigChampagne qui analyse  les flux de téléchargement en peer to peer. Cela évite aussi aux artistes de devenir des auxiliaires de la police.


6. Le fournisseur d'accès est l'équivalent d'un ensemble de  radios ou de télévisions. C'est lui qui bénéficie le plus du téléchargement et du streaming. Il serait normal qu'il soit mis à contribution, au profit des artistes.


7. Les majors, qui ont déjà compris que la loi Hadopi ne marchera pas, sont en train de mettre en place la licence globale, à leur seul profit, en se préparant à offrir des abonnements spécifiques sur internet qui permettront d'avoir accès à la totalité de leur catalogue, pour un prix forfaitaire, sans que chacun paie pour le film ou la chanson qu'il télécharge. C'est exactement la licence globale, qu'ils font semblant de refuser par ailleurs. Les artistes en seront écartés, s'ils ne sont pas dans ces catalogues. Et même s'ils y sont, ils n'en auront que les miettes.


8. Les  artistes (musiciens et cinéastes) doivent s'approprier la licence globale, en définir le mode de contrôle, de tarification et de perception, pour en avoir le meilleur et pas seulement ce qui leur restera, une fois que l'accord sera conclu entre majors et fournisseurs d'accès. **Patrick Zelnick vient d'en reconnaitre la nécessité, et c'est un grand progrès dans la convergence de nos points de vue.


9. Les musiciens  n'ont  donc rien à perdre à ce que les gens les enregistrent pendant leurs concerts: les spectateurs ont payé leur place, ils ont droit à en garder le souvenir, comme ils ont droit à prendre des photos. Le droit à enregistrer un spectacle fera partie du prix payé pour y assister. Demain, tous les artistes distribueront même à la sortie du concert le cd ou le dvd du concert  lui-même. Telle est la grandeur de l'artiste: il doit prendre le risque que l'on garde la trace de sa performance, même si elle n'est pas aussi parfaite qu'un enregistrement en studio.


10. Les nouvelles technologies permettront d'inventer des  formes artistiques nouvelles, rémunératrices pour les artistes. En musique sont en particulier en train d'apparaitre de nouvelles façons de créer des œuvres et de les valoriser *. Au cinéma, le 3D remplira de nouveau les salles. En particulier, l'arrivée du iPhone et demain d'autres technologies conduiront  à de nouvelles façons d'organiser des micros paiements, dont les artistes devraient etre les bénéficiaires, s'ils savent s'organiser,  dans un monde où le cout de production et de distribution de leurs œuvres sera sans cesse en baisse.


Une table ronde, comme vient de le proposer très justement Patrick Zelnick, devrait discuter calmement de chacun de  ces dix points, en réunissant  tous ceux qui sont concernés : les artistes, les  producteurs, les agents, les sociétés d'auteurs, les tourneurs, les consommateurs, les fournisseurs d'accès. Il pourrait en sortir des idées neuves.


Jacques Attali

* Référence au Créative Commons mis en place par Lawrence Lessig.
Site du créative commons. Site de Lawrence Lessig

** Patrick Zelnick est le patron de Naïve.

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Samedi 9 mai 2009



Hadopi, c'est la guerre des mots et des malentendus. C'est normal, on a d'un côté les utilisateurs d'Internet et de l'autre, ceux qui n'ont jamais touché un ordinateur sauf quand il s'agissait de regarder les photos du "grand" qui maintenant est en fac.

Le logiciel espion: le grand maux, le gros mot
Hadopi eh oui, c'est l'installation fortement recommandée d'un logiciel espion Hadopi. Alors certes, il n'est pas obligatoire. Mais si vous ne l'installez pas et que votre ordinateur ou votre adresse IP a été piratée, vous ne pourrez pas prouver votre bonne foi. Il n'est pas question d'installer un autre logiciel. Non, c'est uniquement celui imaginé par les industries du disque qui sera validé par la Haute Autorité en question.

Etre contre l'Hadopi ça ne veut pas dire qu'on est pour le téléchargement gratuit.
Petit a : Etudiants, chômeurs et rmistes, paient un forfait. Ils déboursent de l'argent pour accéder à Internet.  Internet, ça coûte de l'argent. Ce n'est pas gratuit.
Petit b : Ils s'échangent de la musique. Or ce n'est pas du vol. Ce n'est pas du vol que d'échanger avec un copain une musique qu'on aime bien, une image qui nous fait sourire. C'est du partage.

Etre contre l'Hadopi c'est être pour la licence Globale
Etre pour la licence globale, c'est ponctionner à la source. Faire payer les FAI, et redistribuer l'argent aux artistes. Un argent, il est vrai, auquel les marchands de disques comme Universal devront renoncer.

Et devinez quoi ?
C'est là que ça coince...


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Vendredi 24 avril 2009
Hé oui, tandis que certains ripaillaient en compagnie de Nicolas Sarkozy à l'Elysée ce 22 avril, cf l'article d'Olive à ce sujet, d'autres manifestent contre Hadopi.

Car, oui Mme Albanel, Mr Sarkozy, il y a des artistes contre cette loi, des artistes qui ont compris que cette loi ne défendaient pas leurs intérêts mais ceux uniquement d'Universal.



Pour agrandir la photo, cliquez ici

Des artistes qui ont signé une pétition contre la loi Hadopi et qui ont crée un blog à cet effet : pourlecinema.over-blog.fr/

LE 25 AVRIL À PARIS MANIFESTONS CONTRE HADOPI.
13 heures, Place Edouard Herriot Paris 7ème
(Métros: Assemblée Nationale, Solférino, Invalides ou RER Musée d'Orsay)
.
POUR LES DÉTAILS RDV ICI

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Jeudi 23 avril 2009

(Photo prise en mars 2007, crédit C+, Bruno)

Quand il s'est agi de défendre la loi sur l'audiovisuel, Frédéric Lefebvre (porte parole de l'UMP) a arpenté de bout en bout les couloirs de Canal Plus. La Matinale, l'Edition spéciale, le Grand Journal l'invitaient sur leur plateau à tout bout de champ. C'est à partir de ce moment là, que je me suis intéréssé aux invités de Canal en clair. Aux invités politiques.

Ce week-end, on s'en souvient, notre président s'en est pris à l'intelligence moyenne de Zapatéro, à l'exercice suspect du pouvoir d'Obama (avant d'être président, Sarkozy a remarqué qu'il n'avait jamais été ministre). Des paroles qui ont fait la Une de tous les médias européens ce week-end du 19 Avril. Il fallait réagir. Canal Plus a réagi.

Lundi 20 avril 2009 : invitée du Grand Journal : Nadine Morano, secrétaire d'état à la famille.
Mardi 21 avril 2009:  invitée du Grand Journal : Christine Lagarde, ministre du budget.
Mercredi 22 avril 2009: invité du Grand Journal : Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale.
Lundi 27 avril 2009: invitée du Grand Journal : Rachida Dati, ministre de la justice.

Dommage collatéral : Dominique Besnéard, fidèle compagnon de Ségolène Royal, s'est vu refusé sa série TV "10%".

 

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Jeudi 23 avril 2009
En France, nous avons une sécurité sociale qui marche sur la tête, des fermetures d'usines à gogo, un pouvoir d'achat qui fond comme neige au soleil, et pourtant l'état est prêt à dégager 7 millions d'Euros pour une haute autorité qui s'essuiera les pieds sur nos libertés. Je rappelle que l'Hadopi c'est l'installation obligatoire d'un logiciel espion. Autrement dit l'arrivée de Big Brother, pour faciliter le travail des inspecteurs de l'Hadopi (ie des inspecteurs d'Universal, de la Fnac, de Warner, etc.) 7 milliions. C'est ce qu'a annoncé Christine Albanel.



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Vendredi 17 avril 2009
On l'avait oubliée, les lecteurs de Numérama l'ont ressortie, avec talent. Une vieille publicité pour Club Internet de 1998 (réalisée par... Luc Besson Nic Mathieu), remise au goût du jour par deux numeranautes Yenda et Gaiawen, remixée avec le projet de loi Création et Internet. Tout simplement génial, et incroyablement moderne lorsque l'on entend la voix off prédire que "un jour ceux qui ont brûlé les livres voudront brûler l'internet".

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Mercredi 15 avril 2009


Vous avez mal à la tête ? C'est normal. L'Hadopi a été conçu par la tête pensante d'un grand marchand de disques et de DVD : l'ancien patron de la Fnac, Denis Olivennes (49 ans). L'Hadopi a été défendu par une ministre Christine Albanel qu'on sait ici, ne sait pas compter, même avec les pieds. L'Hadopi a été vendu et soutenu par Pascal Nègre (48 ans), Luc Besson (50 ans), Jean-Jacques Annaud (66ans), Pascal Rogard (Directeur de la SACD et père de Martin Rogard, PDG de Dailymotion), Jacques Fansten (63 ans), Alain Corneau (63 ans), Jean-Claude Carrière (78 ans) , Philippe Lavil (62 ans) Une brochette de jeunes qui donnent tout de suite envie !!


Une brochette qui marchent à côté de ses pompes. Mais à cet âge là, peut-on vraiment leur en vouloir ? Peut-on leur en vouloir de ne pas comprendre qu'on peut être contre Hadopi sans être pour le piratage. Peut-on leur en vouloir de ne pas comprendre que si les FAI payaient un % sur leur C.A comme c'est le cas sur la vente des CD, DVD et des lecteurs de DVD, tout le monde serait d'accord ? Peut-on leur en vouloir d'ignorer le principe de la licence globale qui s'appuierait sur celui de la copie privée ?  OUI ON PEUT... CAR CE SONT EUX QUI ONT MIS EN PLACE LA COPIE PRIVÉE... MAIS ALORS ILS ÉTAIENT JEUNES... ET N'AVAIENT PAS PEUR DE PRENDRE FROID QUAND ILS SORTAIENT DEHORS...!!



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Jeudi 9 avril 2009
Venu se plaindre sur le plateau du grand journal de se faire éreinter par la critique  mais aussi pour se féliciter du tellement beau score de son"coco", Gad Elmaleh, nous a rabâché les oreilles de son succès. Presque 2 millions d'entrées en deux semaines. (avec une chute de 60% dans la deuxième semaine) Mais bon, comme l'a encouragé son ami Michel Denisot, c'est parce qu'il a du succès que les critiques ne l'aiment pas. Il n'aura pas les césars mais il aura les entrées... Et rien n'intéresse plus Gad que les entrées donc que l'argent.
La preuve : il est pour le maintien du bouclier fiscal.
Une déclaration qui n'a pas échappé à Stéphane Guillon.

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Vendredi 3 avril 2009

(Philippe Val)

Souvenez-vous, Philippe Val, c'est celui qui ressemble comme deux goutte d'eaux à Pascal Nègre.
C'est celui qui a tiré à coups de grandes tirades moralisantes sur Siné.
C'est celui qui, en 2007, s'est félicité et ému du soutien de Nicolas Sarkozy à sa cause (Charlie Hebdo et les caricatures de Mahomet).
Philippe Val, donc, ancien chansonnier (du temps de Font et Val), démarre une carrière de chroniqueur dans l'émission Synergies de Jean-Luc Hees en 1992 qu'il continue aujourd'hui dans le 7-9 de Nicolas Demorand, et est depuis 2004, directeur de la rédaction et de la publication de Charlie Hebdo.
Philippe Val a en commun avec Nicolas Sarkozy (l'homme qui l'a choisi à ce poste cf ici) et Pascal Nègre, de :

DETESTER INTERNET

en voici la preuve :






























Philippe Val croit qu'il faut une carte de presse pour avoir le droit de penser et d'écrire. Philippe Val n'est donc pas comme on pourrait le croire un homme de gauche, ou gauchisant. Non, Philippe Val est un homme qui aime le pouvoir.
Bon courage aux équipes de France Inter.

Edit : article très complet sur  le blog de Sylvain

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Lundi 30 mars 2009
... ont-ils pensé à Brazil ? Le film ?

Hadopi Brazil from La Quadrature du Net on Vimeo.

Idée piquée au Blog d'Olive...  (allez-y faire un tour, ça vaut toujours le détour)

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