Samedi 13 juin 2009


OUI C'EST LA BANANE : Hadopi a mouru de sa belle mort dans les bras du Conseil Constitutionnel.
Pour les explications voir l'artcile d'Eolas. Il nous raconte ça à la manière d'un polar (avec beaucoup de termes juridiques, mais c'est son métier qui veut ça)


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Lundi 25 mai 2009
Je vous invite à écouter attentivement cette petite leçon d'économie dispensée par un sociologue et économiste de renom, Jacques Sapir.
Qui es-tu Jacques Sapir ?
Jacques est un chercheur, sociologue et éconimiste, directeur d'étude à l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), qui s'est aussi spécialisé dans l'économie de l'URSS puis de la CEI et enfin de la Russie.
Il est plutôt apolitique. C'est-à-dire qu'il n'a jamais voulu donner ses intentions de vote.
Je vous invite à écouter attentivement cet interview jusqu'au bout. Ca dure 10 minutes. Mais ce sont dix minutes qui permettent de comprendre l'étendue de la crise financière. D'en comprendre ses origines, ses causes et ses conséquences.

Dix minutes pour la crise financière mondiale, c'est rien.
Cet interview a été réalisé dans les locaux de l'EHESS le 4 septembre 2008. (soit au moment où nous nous émeuvions de la loi sur Edvige, la crise financière étant selon Christine Lagarde, loin derrière nous !)



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Dimanche 24 mai 2009
Bilan des deux années de l'UMP.
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Samedi 23 mai 2009
Un film en guise d'apéro pour ces 15 jours qui vont être musclé.
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Mardi 19 mai 2009


5 jours que la loi Hadopi est passée. 5 jours que mon moral descend un peu plus. 5 jours que j'aurais dû consacrer à la défense de l'Europe, à la promotion des Verts, du PS ou du Modem. Car, entendons nous bien, les UMPistes ne peuvent se sentir concerné par un vote sur lequel ils s'essuient les pieds. Puisqu'à les entendre, l'amendement 138 voté par le parlement européen n'est qu'une paille ! C'est donc qu'ils n'accordent aucun crédit audit parlement européen. Pourquoi en ce cas, voter pour eux ?.

Mon moral se casse la gueule.
En 2005 au moment du TCE, j'occupais la toile pour promouvoir le traité. Mais pas que. Vu l'état de la gauche, je me disais que si le TCE était voté, on avait une chance de pouvoir remporter les élections en 2007. Qui si le non était adopté, on ferait le jeu de Sarkozy. Je ne me suis pas trompée.
Le TCE n'a pas été voté. Sarkozy est passé.
Depuis tout va de mal en pis.
La chasse aux sans papiers est devenu une routine, un quotidien familier.
La promotion du bling bling, une évidence. Un plus. Un truc qui fait vendre les idées de Sarko-Dati.
Les médias aux ordres, une réalité dont on a du mal à se faire à l'idée. (cf Hees et son intervention au micro du 7-10 de France Inter)
Tout ça me fatigue.
Me lamine par le fonds.

Et puis Hadopi. Hadopi que je n'arrive toujours pas à digérer. La "mouchardisation" de nos ordinateurs portables rendu possible par des artistes degôche ! On marche sur la tête dans ce pays !

Finalement heureusement que j'ai entendu Lavilliers dire qu'il était contre cette loi. Il l'a dit  un peu tard, mais lil l'a dit quand même. Les autres, tous les autres, auteurs, réalisateurs, paroliers, musiciens, je vous invite comme Alicia à boycotter leurs oeuvres.



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Vendredi 15 mai 2009
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Mardi 12 mai 2009
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Lundi 11 mai 2009
Après les mots qui font peur... Les mots qui font rire.
Hadopi, web 2.0, Peer to peer, autant de notions qui finalement échappent totalement à nos représentant à l'assemblée mais aussi à notre ministre et à notre cher, si cher porte parole de l'ump.
Attention, c'est violent...

CHRISTINE ALBANEL À L'OEUVRE.
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Dimanche 10 mai 2009
Jacques Attali a toujours milité en faveur d'une licence globale. Ca ne date pas d'hier, ni d'avant hier. Ca date, c'est vrai, depuis l'apparition d'Internet. Jacques Attali l'a d'ailleurs écrit noir sur blanc, il y a plus d'un an, dans ses 300 propositions pour changer la France.



 Jacques Attali revient sur ce qu'il avait préconisé et signe cet article sur le site : http:www.slate.fr

...D'abord, qu'on me comprenne bien: en écrivant ce qui suit, je  souhaite aider les artistes et les producteurs qui les soutiennent à mieux maitriser les enjeux des nouvelles technologies, et à en tirer le meilleur, pour mieux  créer et  garantir leurs revenus.


Les changements techniques n'ont jamais été et ne sont pas les ennemis des artistes : ils ont permis d'inventer de nouvelles façons de créer (le piano, le violon, la photographie, le cinéma) et de nouvelles façons de faire connaitre leurs œuvres (le livre, l'imprimerie, le gramophone, la radio, la télévision, le cd, le dvd). A chaque fois, il fut dit par des experts que tout cela conduirait au désastre pour les artistes. A chaque fois, ils ont su en tirer le meilleur, pour créer autrement et se faire mieux connaitre.Il en va de même à propos d'internet. Et bien des contrevérités ont été proférées récemment sur ces questions.


Aussi, je propose de débattre séparément de dix propositions pour la musique, le cinéma, le livre, et autres activités artistiques qui méritent chacune une discussion calme et  approfondie :


1. La gratuité d'un service pour le consommateur n'entraine pas nécessairement  le non rémunération du producteur du service. La gratuité  pour le consommateur d'un service est l'expression de sa socialisation, pas de l'exploitation du travail de son  producteur. Le contribuable paie le professeur ou le policier, qui ne travaillent pas gratuitement; la publicité paie les gens qui travaillent à la radio ou à la télévision et qu'on écoute gratuitement. En particulier, le musicien ou le cinéaste est, à la radio ou à la télévision rémunéré par d'autres que ceux qui l'écoutent. Et les artistes n'ont pas à s'offusquer de ne pas être payés directement par ceux qui  trouvent de l'intérêt à leurs œuvres.


2. Le téléchargement gratuit n'est pas la même chose que la piraterie, car la musique, ou le cinéma  n'est pas un objet matériel. Si je vole un pain, celui à qui je le prends ne l'a plus. Si je télécharge de la musique ou du cinéma, je n'en prive personne. L'art obéit donc à d'autres lois économiques, depuis toujours. C'est l'objet des droits d'auteur, qui peuvent être payés par d'autres que le consommateur final.


3. Le téléchargement gratuit est, en soi, un facteur de développement de l'économie de la musique et du cinéma. Les gens qui téléchargent sont les mêmes qui achètent et qui vont au concert.  Comme c'est le cas, depuis un siècle, avec la radio. Une étude récente montre même que ceux qui téléchargent, regardent ou écoutent le plus en streaming sont ceux qui, ensuite, achètent le plus de CD ou de DVD.


4. Le système de  surveillance et de sanction de ceux qui téléchargent gratuitement, comme celui de la loi Hadopi ne marchera pas,  en raison, en particulier, du basculement au streaming, qui n'est pas couvert par la loi.


5. Pour les artistes, l'important n'est pas de savoir qui les télécharge, mais combien de personnes les téléchargent. Il faut donc inverser la charge de la preuve et obtenir des fournisseurs d'accès une information sur le nombre d'internautes qui téléchargent un artiste et non pas sur le nombre d'artistes téléchargés par un internaute. C'est possible: voir en particulier ce que fait BigChampagne qui analyse  les flux de téléchargement en peer to peer. Cela évite aussi aux artistes de devenir des auxiliaires de la police.


6. Le fournisseur d'accès est l'équivalent d'un ensemble de  radios ou de télévisions. C'est lui qui bénéficie le plus du téléchargement et du streaming. Il serait normal qu'il soit mis à contribution, au profit des artistes.


7. Les majors, qui ont déjà compris que la loi Hadopi ne marchera pas, sont en train de mettre en place la licence globale, à leur seul profit, en se préparant à offrir des abonnements spécifiques sur internet qui permettront d'avoir accès à la totalité de leur catalogue, pour un prix forfaitaire, sans que chacun paie pour le film ou la chanson qu'il télécharge. C'est exactement la licence globale, qu'ils font semblant de refuser par ailleurs. Les artistes en seront écartés, s'ils ne sont pas dans ces catalogues. Et même s'ils y sont, ils n'en auront que les miettes.


8. Les  artistes (musiciens et cinéastes) doivent s'approprier la licence globale, en définir le mode de contrôle, de tarification et de perception, pour en avoir le meilleur et pas seulement ce qui leur restera, une fois que l'accord sera conclu entre majors et fournisseurs d'accès. **Patrick Zelnick vient d'en reconnaitre la nécessité, et c'est un grand progrès dans la convergence de nos points de vue.


9. Les musiciens  n'ont  donc rien à perdre à ce que les gens les enregistrent pendant leurs concerts: les spectateurs ont payé leur place, ils ont droit à en garder le souvenir, comme ils ont droit à prendre des photos. Le droit à enregistrer un spectacle fera partie du prix payé pour y assister. Demain, tous les artistes distribueront même à la sortie du concert le cd ou le dvd du concert  lui-même. Telle est la grandeur de l'artiste: il doit prendre le risque que l'on garde la trace de sa performance, même si elle n'est pas aussi parfaite qu'un enregistrement en studio.


10. Les nouvelles technologies permettront d'inventer des  formes artistiques nouvelles, rémunératrices pour les artistes. En musique sont en particulier en train d'apparaitre de nouvelles façons de créer des œuvres et de les valoriser *. Au cinéma, le 3D remplira de nouveau les salles. En particulier, l'arrivée du iPhone et demain d'autres technologies conduiront  à de nouvelles façons d'organiser des micros paiements, dont les artistes devraient etre les bénéficiaires, s'ils savent s'organiser,  dans un monde où le cout de production et de distribution de leurs œuvres sera sans cesse en baisse.


Une table ronde, comme vient de le proposer très justement Patrick Zelnick, devrait discuter calmement de chacun de  ces dix points, en réunissant  tous ceux qui sont concernés : les artistes, les  producteurs, les agents, les sociétés d'auteurs, les tourneurs, les consommateurs, les fournisseurs d'accès. Il pourrait en sortir des idées neuves.


Jacques Attali

* Référence au Créative Commons mis en place par Lawrence Lessig.
Site du créative commons. Site de Lawrence Lessig

** Patrick Zelnick est le patron de Naïve.
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Dimanche 10 mai 2009
Profession Artistes, Hobby : Bouclier humain
Les majors ont choisi de faire parler les artistes pour défendre l'Hadopi. (Rappelons que l'Hadopi est ce projet de loi visant à sécuriser Internet dont nous avons parlé ici et , il y a presqu'un an.)

Des artistes instrumentalisés (à l'insu de leur plein gré) par leur maison de disques. Ou par leur société de répartition: SACEM, SACD*, SNEP, SDRM. Ou encore par le ministère de la culture. Celui qui avait mis en ligne un site : j'aime les artistes. Je dis qui avait, car il a été très vite bloqué par les hackers, et invalidé par la quadrature du net. (cad, beaucoup d'artistes reconnaissaient qu'ils n'avaient pas signé la pétition pro-Hadopi)
Bref à court d'artistes, fragilisés par le nouveau tour qu'avaient joué à l'assemblée les députés de l'opposition et quelques autres de la majorité, les majors ont décidé de frapper un grand coup, à coup de vieux.


 

Cinq vieux. Moyenne d'âge 72 ans. Cinq vieux éléphants qui ont écrit au PS affolés. Quoi ? Ils allaient moins gagner d'argent ! Quoi ? La copie privée qui leur assure au moins 10% de la totalité de leur revenu n'est pas un truc qui fonctionne. C'est leur maison de disques qui le leur a dit. Ou leur SACD... Ou leur SDRM. Quoi ? C'est quoi Internet d'abord !!
Ils n'ont rien compris la preuve. Etude de texte avec la complicité de Numérama.

Voici la lettre qu'ils ont envoyé (via le Monde) à Martine Aubry (un autre éléphant.) Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, c'est ici que ça se passe.

A/ "La gauche - notre famille -, c'était le refus d'un ordre purement marchand. C'était la protection du faible contre le fort. En particulier pour la culture. En ne les abandonnant pas à la seule loi du marché, la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays. C'était vrai, en particulier, des dispositions prises sous François Mitterrand. Ceux de nos voisins qui n'ont pas fait ce choix-là n'ont plus de cinéma ni de musique. En vous opposant, à l'occasion de la loi Création et Internet, à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécom (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune.

B/ Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui assassine la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique.


C/ Souvenez-vous-en : le droit d'auteur est un droit de l'homme. Ce n'est pas parce que les PDG des nouvelles multinationales portent des jeans et des tee-shirts que leur âpreté et leur cupidité sont moindres. Pour être cool en apparence, le capitalisme numérique n'en est pas moins sauvagement prédateur ! Héraclite nous enseigne : "Le peuple doit combattre pour ses lois comme pour ses murailles." En faisant échec au vote de cette loi à l'Assemblée, vous nous avez adressé un message de rupture. Par la présente, nous en accusons réception. Vous avez perdu notre soutien. (...)"


Explication de texte :
A / Pan sur le bec

la mission officielle de l'Hadopi, reconnue par Christine Albanel elle-même, est de "favoriser l'offre légale", donc d'installer la culture dans un "ordre purement marchand", alors que le piratage (un autre mot pour dire "partage") vise à l'en sortir en favorisant l'échange culturel non marchand entre les citoyens.

 

B/ Pan sur les pieds

En invoquant la loi du plus fort, la loi de la jungle, les artistes se tirent sur balle de plus dans le pied.

Pourquoi ? Comment ? Car justement il ne s'agit pas de capitalisme débridé. Il s'agit, avec l'Hadopi, du capitalisme à la "Papa".  Grâce à Hadopi, ce seront toujours (comme nos 5 vieux le souhaitent) les grandes maisons de disques, les sociétés de répartition, qui garderont le contrôle de la distribution de leurs oeuvres sur Internet comme ailleurs. Le faible qu'il faudra protéger restera l'artiste, et le fort ne sera pas l'internaute mais encore une fois les majors, qui continueront à imposer des contrats léonins aux artistes dont ils décideront des carrières.

En même temps, un bouclier humain, ça sert à ça !

 

C/ Pan dans les dents

En évoquant Héraclite, nos 5 vieux se font mettre K.O. Car justement cette loi est une muraille. Voilà pourquoi le peuple (les internautes mais pas que, des artistes aussi et même des députés de droite) sont vent debout contre. Hadopi c'est la muraille que veut mettre en place le gouvernement entre les internautes français et le reste du monde.



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